Externaliser avec éthique, sans exploiter ? Le point de vue de Tony Froget

Externaliser avec éthique, sans exploiter ? Le point de vue de Tony Froget

Pendant longtemps, l’externalisation a été résumée à une idée simple et souvent mal comprise : “faire faire le travail ailleurs pour payer moins cher.”

Pour Tony Froget, partenaire de RELIA, cette vision est à la fois fausse, dangereuse… et surtout réductrice.

Ancien développeur web, ex-coach sportif, entrepreneur engagé entre la France et Madagascar, Tony défend une autre idée de l’offshore : celle de l’excellence, de la structure et de l’impact social.

Son objectif n’est pas de créer une usine à développeurs low-cost, mais de bâtir une référence de la tech malgache, capable de rivaliser avec n’importe quelle ESN européenne.

De développeur à passeur de talents

Tony vient du développement web, et comme beaucoup, il pensait au départ qu’il était plutôt bon… jusqu’à ce qu’il découvre Madagascar.

En voyageant sur place, il rencontre des développeurs bien plus pointus que lui, sur une multitude de technologies : web, mobile, DevOps, data, IA. Des profils expérimentés, souvent seniors, mais bloqués par un marché local peu visible à l’international.

À l’époque, Tony travaille dans une entreprise française de recouvrement de dettes.

Il voit de l’intérieur deux réalités :

  • Le support client est externalisé
  • Mais l’équipe tech galère à recruter des profils expérimentés

Pénurie, délais interminables, coûts qui explosent.

Et pendant ce temps, à Madagascar, des centaines de développeurs seniors sont disponibles, francophones, et sous-exploités.

C’est là qu’il devient partenaire d’une ESN malgache : RELIA, qu’il représente en France. C’est une structure qui connecte CTO, agences et ESN françaises avec des équipes tech confirmées, en régie, full remote depuis Madagascar.

Externaliser, ce n’est pas “payer moins cher”

L’erreur la plus fréquente, selon Tony, c’est de croire que l’externalisation est un jeu de prix.

“Ce qui coûte cher, ce n’est pas un développeur. C’est le retard, les erreurs et les départs en plein sprint.”

Certains prospects arrivent chez RELIA avec une demande bancale : un développeur censé faire le travail d’un senior français, mais pour un dixième du prix – en se basant sur le SMIC Malgache ou sur les tarifs des sociétés locales qui proposent des services à des prix dérisoires.

Tony refuse. Et souvent, ces entreprises vont tester ailleurs, avec un freelance externalisé inconnu, sans structure ni suivi.

Quand ça échoue, elles concluent :

“On a déjà externalisé à Madagascar, ils sont nuls.”

Non. Elles ont juste externalisé sans cadre, sans méthode et sans garantie.

Chez RELIA, l’externalisation n’est pas un achat de main-d’œuvre. C’est une façon différente de construire une équipe tech.

La vraie valeur, c’est l’équipe

Sur un gros projet, un freelance seul ne suffit pas. Il faut du backup, de la continuité, des regards croisés, des process. C’est là que la régie IT change tout.

Avec RELIA :

  • chaque mission est portée par une équipe
  • Tony fait le lien entre le client français et les équipes malgaches
  • les incompréhensions sont traitées en temps réel
  • les retours sont quotidiens et hebdomadaires

Un restaurant qui veut une app mobile, par exemple, peut avoir chez RELIA : une équipe complète (front, back, QA, DevOps) pour un coût inférieur à un seul freelance senior en France.

La différence ne se joue pas sur le salaire.

Elle se joue sur la structure.

Des développeurs seniors

Chez RELIA, les développeurs proposés aux clients ont en général au moins 5 ans d’expérience.

Il existe bien des juniors dans l’ESN, mais ils travaillent sur des projets internes pour monter en compétence.

Les clients, eux, ont accès à des profils solides, autonomes et engagés.

Même dans un contexte politique parfois instable à Madagascar, Tony n’a jamais vu un projet planter pour des raisons techniques.

Chaque développeur a son matériel chez lui, des connexions sécurisées, et RELIA travaille déjà avec des groupes comme Orange sans incident.

Et surtout : beaucoup d’entreprises n’externalisent pas le cœur stratégique, mais les parties répétitives ou lourdes, ce qui réduit encore les risques.

“Dumping social” : Tony assume le débat

Le sujet est explosif. Et Tony ne le fuit pas.

Oui, il comprend qu’on parle de dumping social. Mais il rappelle une chose simple : le marché existe déjà.

“On pourrait laisser ce marché à des acteurs qui paient le moins possible et pressurent les talents. Nous, on a choisi l’inverse : créer une structure qui tire les conditions vers le haut, pour que les développeurs puissent rester, progresser et vivre dignement chez eux.”

La différence, c’est l’intention et le cadre. RELIA tire les salaires vers le haut.

L’objectif est clair : permettre aux développeurs de vivre dignement à Madagascar, sans être poussés à l’exode. L’externalisation, quand elle est bien faite, devient alors un outil d’autodétermination.

C’est même un enjeu politique : après des décennies de colonisation et d’exode forcé, permettre aux talents de rester, travailler, consommer et créer localement est essentiel.

“Créer de l’emploi sur place, c’est lutter contre l’exploitation. C’est essentiel, et encore plus avec les élans patriotiques des dernières révolutions, de permettre aux collaborateurs d’avoir un confort depuis chez eux et ne pas les pousser à partir.”

C’est aussi ce qui l’a poussé à devenir président du Mouvement Européen & Malgache (MEM), soutenu par Forbes, qui œuvre au rapprochement économique et technologique entre Madagascar et l’Europe.

Business, tech et impact social : un même combat

Tony ne fait pas ça par opportunisme.

Il est aussi fondateur de Ngita Ka Manja, une entreprise sociale qui lutte contre la discrimination capillaire et valorise l’identité afro à travers :

  • des contenus éducatifs
  • des produits fabriqués à Madagascar
  • et la création d’emplois locaux

Son objectif, à terme, est de retourner à Madagascar, s’investir dans le social, le sport, l’éducation, et lutter contre la négrophobie.

RELIA est une pièce du puzzle. Une façon de prouver qu’on peut faire du business international sans écraser les autres.

Et les freelances français dans tout ça ?

Tony observe deux camps :

  1. Ceux qui utilisent RELIA pour déléguer une partie de leur travail
  2. Ceux qui voient l’externalisation comme une menace

Mais pour lui, le marché est largement assez vaste pour tout le monde. Il n’y a pas de guerre à mener, mais une façon différente de se positionner.

D’ailleurs, les profils français restent extrêmement attractifs : les entreprises leur font davantage confiance, et c’est souvent même plus simple pour RELIA de travailler avec des clients anglophones qu’avec certains acteurs français.

L’externalisation, ce n’est pas une norme universelle. Beaucoup d’entreprises ne peuvent ou ne veulent pas y recourir, pour des raisons juridiques, culturelles ou organisationnelles. Les grandes entreprises qui ont des données sensibles ne s’y aventurent pas.

“Quand les entreprises veulent externaliser, elles cherchent à réduire leur coût : ce ne sont donc dans tous les cas pas les bons clients pour des freelances français qui ont des attentes de TJM bien plus élevés.”

On parle en réalité de deux logiques de marché différentes. Deux manières de travailler, deux équilibres économiques.

Et dans la vraie vie, les deux coexistent très bien : certaines entreprises travaillent avec des freelances français, tout en confiant une partie de leur production à des équipes externalisées.

Les deux mondes ne s’opposent pas, ils se complètent !

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