Accepter de faire des erreurs (et arrêter de vouloir être parfait) en freelance

Accepter de faire des erreurs (et arrêter de vouloir être parfait) en freelance

Quand on est freelance, on porte beaucoup sur ses épaules. On est à la fois chef d’entreprise, commercial.e, comptable, community manager… et humain. Alors forcément, on se plante parfois.

Et pourtant, on continue souvent à s’imposer une pression énorme, en se comparant à des freelances qui semblent gérer leur vie mieux que nous.

Il est temps de remettre un peu de réalisme dans tout ça.

Un freelance qui rate un projet, ce n’est pas un fait divers : c’est une leçon en devenir.

Quand l’erreur survient, difficile de ne pas se dévaluer. Et pourtant, elle est la preuve qu’on agit, qu’on ose. Voici comment l’accueillir, la transformer… et repartir plus fort.

Le piège des injonctions et des juges virtuels

Avec la tendance Build in Public, tout le monde partage ses réussites, (le CA à 100k, les clients à foison, télétravail à Dubaï)… mais aussi ses échecs. On pourrait croire que c’est plutôt sain.

Mais bizarrement, leurs échecs ressemblent toujours à des leçons inspirantes. On finit par se demander comment ils arrivent à trouver du positif dans chaque plantage. Ils seraient donc bons même quand ils se ratent ?

Tout le monde ne vit pas ses erreurs avec autant de zen.

Alors : prenez des pauses digitales. Réduisez votre exposition aux posts moralisateurs ou pseudo parfaits.

Remplacez-les par des discussions dans la vraie vie, avec des semblables. Vous vous rendrez compte que vous n’êtes pas seul.

Ensuite, souvenez-vous que vous n’êtes pas dans un tribunal. Ces juges invisibles sur Internet n’ont aucun pouvoir sur votre bien-être ou votre travail. Laissez-les parler, respirez… et passez à l’étape suivante.

Une erreur n’est jamais la fin du monde

L’effet peut être brutal. Le cœur s’emballe, la gorge se serre. Pourtant, vivre votre émotion, la nommer, c’est oser la vérité. Pas de filtre, pas de fuite.

Puis choisissez la bonne personne pour en parler. Un ami freelance, un coach, un mentor. Pas celui ou celle qui va dramatiser ou minimiser. Vous avez besoin d’un écho honnête et bienveillant.

Posez-vous ensuite la question simple : “Que puis‑je faire maintenant ?”. Trois cas possibles :

  1. Réparer si l’erreur est rattrapable ;
  2. Expliquer et ajuster si elle ne l’est pas ;
  3. Lâcher prise si c’est trop tard : souvent, personne n’est en danger.

Si l’erreur génère trop de stress, respirez, priorisez votre santé mentale avant le reste.

On ne peut pas retourner en arrière, l’erreur existe, elle est là. Ne vous faites pas du mouron pour des choses sur lesquelles vous n’avez plus moyen d’agir.

L’erreur révèle que l’on agit (et apprend)

Le test and learn n’est pas réservé aux start‑ups. 71 % des entreprises adoptent ces pratiques agiles. Pourquoi ? Parce qu’on ne construit rien sans se tromper.

Le test and learn fonctionne comme ça : on essaie, on observe, on corrige. Chaque erreur devient un feedback.

Valeur de l’expérience : énorme.

Ça nourrit vos offres, votre posture, votre autonomie.

Entrepreneurs, indépendants, CEO… tous confirment que l’erreur est un levier de croissance. Alors, ne voyez plus la faute comme un échec, mais comme un éclairage précieux.

Je ne suis pas mon erreur

Il est courant de s’auto-juger : “je suis nul”, “je suis un imposteur”. Stop.

Vous avez fait une erreur, et l’assumer n’est pas un aveu de faiblesse. Ce que l’on fait ne définit pas ce que l’on est.

Distinguez l’action du jugement. L’erreur n’annule pas votre parcours, ni vos compétences. En prendre conscience, c’est se libérer du poids du jugement.

Reconnaissez ce qui dépend de vous (processus, rigueur, communication) et ce qui ne dépend pas de vous (contexte client, imprévus). Cela évite de ruminer l’inutile.

L’estime de soi : clé pour relativiser

Souvent, ce qui fait mal, ce n’est pas l’erreur mais le regard que l’on imagine chez les autres.

Avant de vous saborder, posez-vous : est-ce le regard des autres ou le mien qui me fait souffrir ?

Dans la majorité des cas, c’est votre propre filtre qui amplifie le sentiment d’échec.

Et même si d’autres jugent, qu’est-ce que ça change à votre valeur ?

Quiz : est-ce si grave que ça ?

  • Est-ce que la vie de quelqu’un est en danger à cause de cette erreur ?
  • Est-ce que cette erreur sera encore importante dans 1 mois ?
  • Est-ce que je peux la réparer, l’expliquer ou proposer une solution ?
  • Est-ce que je culpabilise parce que j’ai peur du regard des autres ?
  • Si un ami freelance m’expliquait avoir fait la même erreur, quelle serait ma réaction ?

Si vous avez majoritairement des « Non« , relâchez la pression : c’est un mauvais moment, pas un drame.

Si vous avez beaucoup de « Oui », concentrez-vous sur ce que vous pouvez faire maintenant. Agir vaut toujours mieux que ruminer.

Si vous culpabilisez surtout à cause du regard des autres, rappelez-vous que les gens passent vite à autre chose. Chacun est concentré sur sa propre personne.

Moralité : 90 % des erreurs qu’on dramatise ne sont pas si graves. Ce qui compte, c’est la manière dont on les gère.

Faites de l’erreur une alliée. Chaque petite erreur est un signal : ajustez, améliorez, avancez. Cette posture vous distingue et fidélise vos clients.

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