Café serré, ordi allumé, et une to-do qui déborde… Quand on est freelance, la retraite paraît souvent loin, floue, voire secondaire.
Pourtant, le jour où on l’atteint sans l’avoir préparé peut vite tourner au casse-tête.
Pour ne pas se retrouver à compter ses points avec stress en priant les astres, mieux vaut comprendre comment ça fonctionne.
Car oui, en freelance aussi, on cotise. Mais pas tous pareil. Et pas toujours assez…
Sommaire
- 1 Le fonctionnement de la retraite en freelance
- 2 Le calcul des droits à la retraite selon son statut
- 3 Les démarches pour assurer une retraite à taux plein
- 4 Les leviers pour optimiser sa retraite de freelance
- 5 Les outils et ressources pour suivre et anticiper sa retraite
- 6 La checklist pour anticiper et sécuriser sa retraite de freelance
Le fonctionnement de la retraite en freelance

Le régime de base et le régime complémentaire des freelances
Les freelances dépendent, selon leur statut, de différents régimes de retraite.
Ceux affiliés au statut de TNS (travailleur non salarié) cotisent à la Caisse nationale d’assurance vieillesse (CNAV) pour le régime de base, via la Sécurité sociale des indépendants (SSI). En complément, ils alimentent le régime retraite complémentaire des TNS.
Les freelances en SASU ou portage salarial sont considérés comme assimilés salariés. Ils cotisent à la CNAV pour la retraite de base, mais aussi à l’Agirc-Arrco, la même caisse que les salariés du privé pour leur retraite complémentaire. Le régime dépend donc du statut juridique.
Les spécificités du statut freelance face à la retraite
Auto-entrepreneur, EI, EURL, SASU ou portage salarial : chaque forme juridique a ses propres règles.
- Un micro-entrepreneur cotise à un taux réduit (environ 17 %), prélevé directement sur son chiffre d’affaires.
- Le freelance en EI classique cotise davantage, à hauteur de 28 % environ, sur son bénéfice net.
- Le président de SASU, lui, verse des cotisations élevées (environ 45 % de sa rémunération), tout comme un porté salarial dont les charges sociales frôlent les 55 %.
Ces statuts offrent en contrepartie des droits à la retraite plus avantageux.
Le calcul des droits à la retraite selon son statut
Le calcul des trimestres cotisés et validés
En 2024, pour valider 1 trimestre de retraite, un freelance doit déclarer au moins 1 746 € de revenus annuels. Quatre trimestres peuvent être validés au maximum chaque année, soit un minimum de 6 984 € de revenu annuel.
Un auto-entrepreneur devra donc générer ce montant en chiffre d’affaires, sachant qu’il n’y a pas de déduction de frais.
En EURL ou en EI, ce sera le revenu net qui compte. Chaque statut a son propre seuil à atteindre pour valider ses trimestres.
Le montant de la retraite estimée selon le statut juridique
Prenons un freelance qui déclare 30 000 € par an :
| Statut | Trimestres validés/an | Taux de cotisation retraite | Retraite mensuelle estimée |
|---|---|---|---|
| Auto-entrepreneur | 4 | Environ 17 % | ~600 € |
| EI classique | 4 | Environ 28 % | ~800 € |
| SASU (président) | 4 | Environ 45 % | ~1 000 € |
| Portage salarial | 4 | 50-55 % | ~1 100 € |
Les écarts sont significatifs. Plus on cotise, plus on touche. Et ce différentiel se ressent sur 20 ou 30 ans de retraite.
Les démarches pour assurer une retraite à taux plein

L’âge légal de départ et le nombre de trimestres requis
En 2025, l’âge minimum de départ à la retraite est fixé à 64 ans. Pour obtenir une retraite à taux plein, un freelance né en 1980 devra cumuler 172 trimestres. Ces chiffres varient selon l’année de naissance. Pour vérifier son cas, rendez-vous sur lassuranceretraite.fr.
Les options pour racheter des trimestres manquants
Racheter des trimestres, c’est possible via une demande à la CARSAT ou un expert-comptable.
Que ce soit pour des années d’études supérieures, des années incomplètes ou pour combler un vide de cotisation, un freelance peut investir pour se rapprocher du taux plein.
Certaines conditions fiscales permettent de déduire ce rachat de son revenu imposable, allégeant ainsi l’effort financier.
À envisager stratégiquement avec un conseiller !
Les leviers pour optimiser sa retraite de freelance
Le Plan d’épargne retraite (PER) pour les indépendants
Le PER est une enveloppe d’épargne pensée pour la retraite. Il en existe plusieurs formes : PER individuel (PERIN), PER TNS (ex-Madelin), ou PER d’entreprise.
Les sommes versées sont déductibles des revenus imposables dans certaines limites.
Le PER offre une grande flexibilité à la sortie (capital ou rente), et constitue un excellent complément aux régimes obligatoires.
Le cumul emploi-retraite et autres dispositifs complémentaires
Continuer à travailler tout en touchant sa retraite ? C’est possible.
Le cumul emploi-retraite intégral permet de cumuler ses pensions avec un revenu freelance, sans plafond sous certaines conditions.
C’est aussi une stratégie pour lisser sa transition et maintenir un revenu confortable.
Autre option : la retraite progressive. Elle permet de réduire son activité tout en percevant une partie de sa retraite !
Les outils et ressources pour suivre et anticiper sa retraite
Les simulateurs et services en ligne utiles aux freelances
Plusieurs outils permettent d’y voir clair :
- Info-Retraite.fr : vision globale de tous vos droits.
- lassuranceretraite.fr : simulateurs officiels.
- Outils indépendants comme Acasi
Ces plateformes aident à estimer, planifier et ajuster ses cotisations et ses objectifs.
Les professionnels et accompagnateurs à contacter
Un expert-comptable peut aider à choisir le bon statut. Un conseiller en gestion de patrimoine optimise vos placements et vos rachats de trimestres.
Enfin, les conseillers CARSAT offrent un appui gratuit et personnalisé !
S’entourer reste la meilleure stratégie pour ne rien laisser au hasard.
La checklist pour anticiper et sécuriser sa retraite de freelance
Les étapes clés à mettre en place dès maintenant

Agir aujourd’hui, c’est gagner en tranquillité demain.
Les erreurs fréquentes à éviter en tant que freelance
- Penser que la retraite est un sujet lointain
- Rester en micro-entreprise sans anticiper les conséquences
- Oublier de déclarer des revenus ou de suivre ses droits
- Ne pas s’entourer des bons interlocuteurs
Sous-cotiser, c’est perdre deux fois : aujourd’hui et plus tard. Alors autant préparer l’avenir en connaissance de cause !
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