Connue pour ses looks léchés et ses collaborations avec Dior ou Cartier, Doina Ciobanu est loin d’être une influenceuse mode comme les autres.
Derrière les tapis rouges et les campagnes Versace, la Moldave cultive un combat discret mais acharné contre le plastique.
Sommaire
- 1 Des débuts en Moldavie : la petite fille devenue rêveuse internationale
- 2 Une success story démarrée à 16 ans et une robe à 30 euros
- 3 Du luxe à la planète : le déclic de Bali
- 4 Ambassadrice No More Plastic et conférencière engagée
- 5 Une vision sans filtre de la mode durable
- 6 Créatrice de contenu artisanale et visionnaire
- 7 Un parcours incarné et assumé
Des débuts en Moldavie : la petite fille devenue rêveuse internationale
Née le 20 avril 1994 à Chișinău, en pleine Moldavie post-soviétique, Doina grandit dans un environnement où “on ne rêve pas trop grand ”.
Enfant, elle aimerait de devenir la première femme présidente de Moldavie.
Très vite, elle réalise que dans ce petit pays, la politique se heurte à une réalité de corruption et de désenchantement.
Une success story démarrée à 16 ans et une robe à 30 euros
Tout commence en 2010, dans sa chambre à Chișinău.
Doina, 16 ans, lance un blog de mode en anglais “The Golden Diamonds” pour s’entraîner à l’international.
Elle y partage ses tenues et son goût pour la photographie. Ce n’est pas un projet de carrière, juste une échappatoire, un moyen de dialoguer avec un monde qui lui ressemble davantage que son quartier.
À cette époque, la scène digitale moldave est quasi inexistante. Mais elle croit dur comme fer à ses chances.
Son premier gros coup de projecteur ? Une robe à 30 euros commandée sur Asos. Elle la poste. La robe est sold out. Le PR d’Asos lui écrit. La présente à l’ancien agent de Kate Moss.
Et c’est l’effet domino : elle signe chez Next Models Management et s’installe à Londres.
Elle quitte la Moldavie, passe par Bucarest, vit à Brighton, puis Londres.
Doina découvre le street style, les Fashion Weeks et les collaborations avec Dior, Burberry ou Cartier. Derrière cette success story, il y a des années de travail discret, de sacrifices et ce qu’elle appelle elle-même :
“Une part de chance et beaucoup d’obstination.”
Du luxe à la planète : le déclic de Bali
Si Doina a foulé les plus belles plages du monde, c’est à Bali qu’un choc visuel change tout.
Venue chercher du paradis, elle y découvre des plages envahies de plastique exporté d’Europe.
« À ce moment-là, ce n’était plus un article qu’on lit, c’était sous mes yeux.”
Elle comprend que le plastique, invisible mais omniprésent, est l’épidémie silencieuse du XXIe siècle.
Ambassadrice No More Plastic et conférencière engagée
Depuis, Doina a troqué les paillettes contre des causes sérieuses.
Elle devient ambassadrice de No More Plastic, intervient aux Web Summit et tables rondes durables de Kering.
Elle parle microplastiques dans les biberons, greenwashing des marques, et milite pour une mode qui cesse d’être un simple exercice de communication.
Une vision sans filtre de la mode durable
Doina ne se prétend pas irréprochable.
“La mode est une des industries les plus polluantes. On est tous un peu hypocrites”
Elle défend l’idée d’un “voyage vers la durabilité” plutôt qu’un discours moralisateur.
Elle critique aussi les prix inaccessibles des produits éthiques et l’injonction faite aux consommateurs de porter seuls la responsabilité écologique : “Pourquoi moi et pas les grosses entreprises ?” interroge-t-elle.
Doina prône une mode durable, oui, mais plus démocratique et moins élitiste.
Elle critique ouvertement les marques qui pratiquent le greenwashing et appelle à plus de transparence, pas seulement pour afficher ses progrès, mais aussi ses failles.
« La durabilité, c’est un voyage, pas une perfection », répète-t-elle.
Créatrice de contenu artisanale et visionnaire
Peu de gens le savent : Doina monte elle-même ses vidéos, façon films rétro-cinématiques.
Elle choisit chaque cadre, chaque musique. Elle a refusé d’être une simple vitrine et revendique cette implication artisanale dans ses contenus.
En parallèle, elle prédit les tendances : une mode post-apocalyptique, inspirée de Matrix, des silhouettes sévères et dystopiques, reflet des tensions sociétales actuelles.
Elle imagine une mode féminine plus fluide, où l’élégance ne rime plus forcément avec talons aiguilles.
Un parcours incarné et assumé
Ce qui fascine chez Doina Ciobanu, c’est cette trajectoire assumée. Elle raconte ses moments de doutes, ses tentations de rentrer en Moldavie, ses six années à Londres dans un minuscule studio, ses allers-retours entre Milan et la pandémie.
Elle parle de sa famille restée au pays, de sa petite sœur qu’elle n’a pas vue grandir et de ce besoin viscéral de rêver plus grand qu’on ne l’autorisait à Chișinău.
Doina Ciobanu, c’est l’histoire d’une génération qui compose avec ses contradictions et transforme les réseaux sociaux en espace de débat et d’engagement sincère.
Aujourd’hui, elle compte plus d’1,3 million d’abonnés, intervient dans des conférences internationales, participe à des projets environnementaux d’envergure et travaille aux côtés de groupes comme Kering.
Elle montre qu’il est possible d’avoir une image forte et alignée, de créer une communauté qualifiée et de peser sur des sujets de société.
Son histoire rappelle qu’une marque personnelle forte n’est pas qu’une question d’image, mais aussi de valeurs incarnées, de positionnements assumés et de constance sur le long terme. Doina est la preuve qu’on peut partir d’un quartier oublié d’Europe de l’Est et, en suivant ses intuitions, devenir une référence mondiale dans son domaine.
Un message puissant pour celles et ceux qui construisent leur visibilité aujourd’hui : la sincérité, la spécialisation et l’audace restent les meilleures stratégies pour durer.
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