Freelance et communauté : le pari gagnant de Clément Le Roux

Freelance et communauté : le pari gagnant de Clément Le Roux

On en parle beaucoup en freelance : les communautés. Mais au fond, est-ce vraiment utile d’en rejoindre une ou de lancer la sienne ?

Clément Le Roux, freelance et Community Builder depuis 2020, accompagne indépendants et marques dans la création et l’animation de communautés.

Il nous partage son expérience, ses conseils, et les erreurs qu’il voit souvent passer.

Rejoindre des communautés en freelance

Pour Clément, avoir une communauté quand on est freelance, ce n’est pas un passage obligé. On peut très bien faire sans. En revanche, cela peut être un levier précieux, notamment pour l’acquisition client.

Aujourd’hui, il existe déjà de nombreux canaux pour prospecter : contenus LinkedIn, newsletters, démarchage direct, plateformes…

Mais les communautés peuvent aussi jouer un rôle dans cette acquisition, à condition d’être bien choisies. Clément cite plusieurs exemples : Malt, Le Hibou, crème de la crème..

Ces plateformes peuvent te permettre de décrocher des missions. Mais il nuance : la dimension communautaire de ces services est très variable.

Chez crème de la crème, qu’il a pilotée pendant plusieurs années, elle est bien plus poussée. Ce n’est pas seulement une plateforme d’offres : c’est aussi une communauté active via Slack, des webinars réguliers, une newsletter engageante et de nombreux événements. Résultat :

  • les freelances y trouvent des missions
  • mais surtout, ils bénéficient de l’intelligence collective du groupe
  • et peuvent échanger avec des freelances plus avancés qu’eux

Notoriété et développement

Sur le plan personnel et professionnel, rejoindre une communauté présente aussi des avantages en matière de notoriété et de développement de réseau. Il existe aujourd’hui une grande diversité de formats :

  • des communautés métier, comme NoCode France, qui permet aux freelances no-code de poser toutes leurs questions
  • des communautés sectorielles ultra-ciblées, comme Marketing Flow, un microcosme où prestataires et clients potentiels échangent et se recommandent
  • des communautés locales, qui aident à comprendre le tissu économique d’une région, à rencontrer des freelances de son secteur et à nouer des liens via des meetups ou des espaces de coworking.

Créer sa communauté en freelance

Alors on peut tirer des avantages des communautés. Mais aussi des points positifs à en créer !

Clément en est un bon exemple : il a créé Communitips, la première communauté française dédiée aux Community Builders. En 2023, elle a généré à elle seule 50 % de son chiffre d’affaires.

Non seulement elle lui a permis de rencontrer de nouveaux clients, mais elle lui a aussi donné une crédibilité supplémentaire sur son marché.

Quel type de communauté ?

Clément insiste : il n’existe pas un modèle unique de communauté pour les freelances. Avant de se lancer, il faut savoir ce qu’on veut en faire. Il distingue plusieurs types de communautés selon leur cible et leur fonction.

Deux grandes catégories :

  • Les communautés de clients : ce sont des espaces privés réservés aux clients. Leur rôle : améliorer l’expérience client, générer de la rétention, favoriser les recommandations, encourager le réachat et l’import d’affaires. Pas besoin d’y être des centaines : une quinzaine de clients suffisent parfois à créer une vraie dynamique.
  • Les communautés de prospects : elles sont pensées pour accueillir un maximum de monde. L’objectif est clair : booster ta notoriété, générer de l’acquisition, construire une audience pour convertir ensuite.

Dans les deux cas, il faut être au clair sur l’objectif : veut-on de l’acquisition ou de l’upsell sur sa base de clients ?

Communauté gratuite ou payante ?

Deuxième niveau de réflexion : doit-on rendre sa communauté gratuite ou la monétiser ?

Clément explique que tout dépend du positionnement et de la notoriété. Si une communauté gratuite fonctionne bien, il peut être intéressant de développer des modules ou services supplémentaires en version payante. Cela permet de :

  • valoriser du contenu ou des événements exclusifs
  • créer des formats lives avec des experts
  • générer un revenu complémentaire non indexé sur le temps vendu

Il cite plusieurs exemples de freelances qui ont adopté ce modèle :

Ces communautés payantes n’empêchent pas leurs créateurs de rester freelance à côté et leur permettent de diversifier leurs revenus et leur réseau.

Les clés pour créer une communauté efficace quand on est freelance

On pourrait croire qu’il suffit de créer un groupe Slack ou Discord pour lancer sa communauté. En réalité, c’est un peu plus complexe. Clément accompagne régulièrement des freelances et marques personnelles sur le sujet, et suit sa méthode en cinq étapes.

  1. Définir un objectif clair Pourquoi créer cette communauté ? Est-ce pour attirer de nouveaux clients ? Fidéliser des clients existants ? Casser la solitude ? Partager des compétences ? La réponse à cette question conditionne toute la suite. Il faut aussi réfléchir à ce que les membres vont y gagner. Clément insiste :

    “Les gens viennent passer du temps chez toi, c’est hyper précieux. Il faut qu’ils aient une bonne raison.”
  2. Travailler le programme communautaire L’idée est de partir des besoins des futurs membres. Par exemple :
    • Si tes clients souffrent de solitude : organiser des événements.

    • S’ils ont des difficultés administratives : nouer un partenariat avec Acasi par exemple.

    • S’ils cherchent des clients : créer un canal de diffusion d’opportunités de missions
    Clément s’inspire ici du product management pour concevoir des projets communautaires qui répondent à des attentes réelles.
  3. Choisir les bons outils Slack, Discord, Circle… chacun a ses avantages et ses contraintes. Clément conseille aussi de mettre en place un CRM communautaire pour gérer les membres, automatiser l’onboarding, envoyer des newsletters et piloter la vie de la communauté.
  4. Préparer le lancement Là encore, l’erreur fréquente consiste à se contenter d’ouvrir un Slack vide. Il faut penser à :
    • la communication de lancement
    • organiser des événements ou lives
    • embarquer des premiers membres motivés qui joueront le rôle d’ambassadeurs
  5. Développer la communauté Clément parle ici de growth communautaire :
    • Comment recruter de nouveaux membres ?
    • Comment diversifier les sources de revenus ?
    • Peut-on créer des formats payants ou des partenariats ?
    • Faut-il structurer un programme ambassadeur ?

Faut-il être connu pour lancer sa communauté ?

Bonne nouvelle : on n’a pas forcément besoin d’être ultra connu ni d’avoir 10 000 abonnés LinkedIn pour créer sa communauté.

Tout dépend encore une fois de ce qu’on veut en faire :

  • Pour une communauté de clients, pas besoin de personal branding ni de grosse visibilité. Il suffit de quelques personnes concernées et motivées.
  • Pour une communauté à gros volume, la stratégie sera différente. Il faudra travailler son personal branding, des actions publicitaires, des actions d’acquisition classiques, comme n’importe quelle entreprise…

Les erreurs les plus fréquentes quand on créé une communauté

Les freelances qui échouent dans la création de communauté commettent souvent les mêmes erreurs.

  • Lancer un projet sans objectif clair : beaucoup se précipitent à ouvrir un espace Slack ou à créer un groupe sans avoir réfléchi à ce qu’ils veulent en faire ni à ce qu’attendent les membres potentiels.
  • Attendre trop des membres : une communauté ne vit pas seule. Sans animation régulière, programme de contenus ou événements, elle meurt vite.
  • Forcer une communauté quand il n’y a pas de besoin : Clément évoque une expérience où il avait tenté de créer une communauté alors que les membres n’en ressentaient pas le besoin. Le résultat avait été un échec.
  • Ne pas réfléchir au modèle économique : communauté gratuite ou payante ? Petits groupes d’entraide ou espace ouvert à tous ? Ce sont des choix stratégiques qui doivent être faits en amont.

L’avenir des communautés freelance selon Clément

Selon Clément, les communautés d’acquisition — celles créées uniquement pour capter des prospects — fonctionnent de moins en moins bien. À l’inverse, les communautés d’expérience client prennent de l’ampleur. Elles reposent sur la qualité des échanges, l’entraide et la valeur qu’elles apportent aux membres.

Il note d’ailleurs une grosse évolution depuis ses débuts. Aujourd’hui, ce qui se développe fortement, ce sont les communautés payantes adossées à des formations. Le modèle : proposer un package avec :

  • des formations
  • des lives interactifs
  • des rencontres en présentiel
  • un espace d’échange privé

Ce qui marche vraiment

Dans les communautés freelances actuelles, plusieurs formats fonctionnent particulièrement bien :

  • L’événementiel local : Clément observe que les événements sont souvent très centrés sur Paris. Mais dès qu’on organise quelque chose à Nantes, Montpellier ou ailleurs, les freelances locaux sont ultra-engagés. Ça marche très fort et ça crée des liens durables.
  • Les missions : tout ce qui peut ramener du business attire du monde. Chez crème de la crème, par exemple, un canal Slack recensait toutes les missions disponibles. Les freelances venaient pour les opportunités, puis restaient pour discuter sur les autres canaux.
  • Les contenus exclusifs et formations : dans les communautés payantes, les lives avec des experts sont très prisés. Clément cite l’exemple de Flavie Prévot : ses lives fonctionnent super bien parce que les membres accèdent à une personne inaccessible en temps normal, capable de leur donner des retours en direct.
  • Le lien humain : au-delà du contenu, c’est la relation qui se crée entre les membres qui fait la différence. C’est ce qui rend les communautés vivantes et engageantes sur la durée.

Les tendances à suivre

Les États-Unis restent en avance sur ces sujets. Clément remarque un boom des fonctionnalités communautaires sur :

  • Discord, qui devance aujourd’hui LinkedIn en usage mondial pour les communautés
  • WhatsApp, qui a lancé ses fonctions “communautés”
  • Meta, qui développe également des outils dédiés

Pour lui, cette dynamique va inévitablement s’accentuer en France dans les prochaines années.

La communauté avant tout

Clément applique aussi ces logiques communautaires à ses propres aventures. Passionné de course au large, il prépare la Mini Transat 2027, une traversée de l’Atlantique en solitaire sur un bateau de 6,50 m.

Ce projet sportif est, selon lui, très proche du freelancing. Les points communs sont nombreux :

  • une gestion de projet complète à mener seul
  • la recherche de sponsors pour financer son aventure, comme un freelance prospecte pour ses clients
  • la gestion de la solitude et de la prise de décision en autonomie
  • des budgets serrés et une organisation millimétrée

Clément voit dans cette aventure un prolongement naturel de sa vie de freelance. Il compte d’ailleurs documenter son projet en public, partager les coulisses et fédérer autour de cette aventure humaine et entrepreneuriale.

Une façon de plus de prouver que, dans le freelancing comme dans la voile, on avance plus vite et plus loin quand on s’entoure bien.

Autres articles

Acasi

vous est proposé par

L'expert comptable des freelances

L
  • Comptable dédié
  • Délégation de l'administratif
  • Optimisation de la fiscalité
  • Suivi en temps réel
En savoir plus
Retour en haut