Le crédit immobilier en tant qu’indépendant, c’est possible ?

Le crédit immobilier en tant qu’indépendant, c’est possible ?

On entend tout et son contraire : “C’est mission impossible”, “Il faut trois bilans minimum”, “Les banques détestent les indépendants”…

Bref, de quoi décourager les plus motivés à demander un crédit immobilier. Et pourtant, oui, c’est possible.

Il suffit de comprendre les règles du jeu et de soigner son dossier.

Le crédit immobilier reste plus complexe pour les indépendants

Les banques ne sont pas des philanthropes. Leur priorité, c’est de limiter les risques et de s’assurer que l’emprunteur pourra rembourser sur 20 ou 25 ans.

Un CDI à temps plein, c’est rassurant. Un freelance, c’est flou. Pas de fiche de paie, pas de contrat de travail, des revenus qui varient… Les établissements préfèrent donc poser plus de conditions.

Le critère qui revient le plus souvent ? Avoir au moins deux à trois bilans comptables. L’idée étant de prouver une certaine stabilité et la capacité à générer du chiffre d’affaires régulier.

À cela s’ajoutent un revenu confortable et un apport personnel conséquent. Les freelances doivent aussi composer avec une évaluation de revenus parfois moins avantageuse qu’en CDI.

Les éléments qui rassurent vraiment les banques

Bonne nouvelle : certaines conditions peuvent clairement jouer en votre faveur.

  • La première, et pas des moindres, c’est d’acheter à deux avec un CDI dans le couple (si vous avez une moitié). Cela permet de stabiliser le dossier et de rassurer les banques.
  • Autre point décisif : un apport personnel solide. Les experts recommandent de viser 10 à 20 % du prix du bien. Non seulement cela réduit le montant à emprunter, mais ça démontre aussi votre capacité à épargner et gérer vos finances.
  • Les banques aiment également les missions longues et les clients reconnus. Travailler pour un grand compte ou avoir des contrats renouvelables montre que l’activité est pérenne.

Enfin, il reste toujours plus simple d’obtenir un prêt quand on est client historique dans la banque sollicitée. La fidélité paye parfois.

Certaines enseignes sont d’ailleurs connues pour être plus ouvertes aux indépendants :

  1. Crédit Mutuel
  2. CIC
  3. LCL (selon agences)

Ces banques disposent souvent de plus de souplesse décisionnelle en agence, ce qui évite de voir son dossier rejeté par un pôle immobilier centralisé.

Les pièges qui plombent un dossier freelance

Dans les témoignages, plusieurs erreurs reviennent régulièrement.

  • La plus fréquente : passer par un courtier classique qui connaît mal les dossiers de freelances. Préférez un courtier spécialisé ou mieux encore, allez directement voir les agences bancaires locales qui peuvent étudier votre cas.
  • Autre piège : présenter un dossier négligé. Les banques aiment les choses carrées, bien classées, avec des pièces justificatives propres et numérotées. Oublier de soigner la forme, c’est déjà prendre un risque.
  • Il ne faut pas non plus arriver sans connaître son taux d’endettement ni avoir anticipé la façon dont la banque va calculer vos revenus. Par exemple, en micro-BNC, les banques appliquent un abattement forfaitaire de 34 % sur le chiffre d’affaires déclaré pour déterminer votre revenu imposable.

Les indispensables pour bâtir un dossier solide

Pour mettre toutes les chances de votre côté, préparez un dossier béton, organisé et complet. Voici les incontournables à réunir :

  • Bilans comptables ou attestations URSSAF (micro : deux à trois ans de chiffre d’affaires minimum conseillé)
  • Relevés bancaires pro et perso sur les six derniers mois
  • Contrats de mission en cours et à venir
  • Attestations de clients ou lettres de recommandation
  • Justificatifs d’épargne et patrimoine
  • Présentation claire de votre statut fiscal et du calcul de revenu retenu

Le petit plus qui peut faire la différence ? Un dossier papier impeccablement classé, avec sommaire et pièces numérotées. Oui, même en 2025, ça plaît encore aux banquiers.

Les solutions possibles si votre dossier est encore fragile

Parfois, malgré toute la bonne volonté du monde, un dossier reste trop léger pour convaincre. Il existe alors des alternatives à envisager.

  • La première : le portage salarial. Certaines banques acceptent un dossier dès six mois d’ancienneté en portage. Attention toutefois au coût.
  • Autre option : le prêt hypothécaire via notaire si les organismes de caution refusent de suivre. Plus coûteux, mais parfois salvateur.

Il est aussi possible d’emprunter uniquement avec le CDI du conjoint et de renégocier le prêt à deux plus tard. Enfin, patienter deux ou trois ans permet souvent de stabiliser son activité et de présenter un profil plus rassurant.

Ce qu’il faut comprendre du calcul de revenu en micro-BNC

En micro-BNC, le fisc considère que 34 % du chiffre d’affaires couvre les charges professionnelles. La banque ne retiendra donc que 66 % du CA annuel pour estimer le revenu. Un paramètre important pour évaluer votre taux d’endettement et votre capacité d’emprunt.

Si vous faites 60 000 € de chiffre d’affaires annuel, la banque prendra environ 40 000 € comme revenu imposable. Il faut donc bien intégrer ce mode de calcul dans votre plan de financement.

Acheter en freelance : oui, c’est possible

Le crédit immobilier pour les indépendants demande certes plus d’efforts et d’anticipation. Mais rien d’insurmontable.

Avec un dossier propre, un peu de réseau et des arguments bien rodés, de nombreux freelances ont réussi à concrétiser leur projet.

Et si vous êtes passé par là récemment, partagez votre expérience ! Les retours concrets aident toujours ceux qui hésitent encore à se lancer.

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