Hugo Lassiège, développeur avec 20 ans de carrière dans l’IT et ancien freelance, a cofondé Malt il y a une douzaine d’années.
Qui de mieux qu’Hugo pour analyser l’écosystème freelance ? Quels sont les dessous de cette plateforme que l’on connaît tous ? Que nous réserve-t-il pour la suite ?
Sommaire
Un précurseur
Codeur passionné, Hugo obtient son diplôme d’ingénieur en informatique en 2002.
Jusqu’en 2006 il évolue dans une société de services en ingénierie informatique (SSII). Cette expérience lui apporte une grande diversité de missions et beaucoup d’apprentissage, mais aussi quelques mauvaises expériences.
De 2006 à 2010, Hugo travaille pour un éditeur de logiciels. Cette période est très formatrice, mais il commence à ressentir une stagnation.
Alors il décide de se lancer en freelance, attiré par l’attractivité financière des missions.
Rapidement, il découvre que le freelancing offre un avantage encore plus précieux : le temps. Il apprécie cette autonomie et cette liberté qui lui permettent de s’investir dans des side projects :
Hugo crée sa première société, un collectif de freelances et de salariés dans la tech, où chacun est actionnaire.
Il est visionnaire, il sait déjà que quelque chose se joue et qu’un nouveau modèle va émerger pour les indépendants.
Il s’investit alors dans des conférences, rédige des articles sur le freelancing, qu’il voit comme le futur du travail.
Pendant cette période, l’arrivée d’un nouveau side project va changer la donne.
Un side project… Différent
Un inconnu lui donne rendez-vous à l’Hippopotamus de la Défense. Il lui pitche un projet :
“J’ai une super idée, mais tu devras travailler gratos. Tu seras payé en part. T’inquiète, c’est super ambitieux, au moins comme Airbnb. Ça pourrait devenir très gros.”
C’est Vincent Huguet.
Dans la majorité des cas, il faut répondre non. Mais dans ce contexte particulier, Hugo sent qu’il y a du potentiel.
À cette époque il déménage sur Lyon, il a du temps. Il veut prouver que les techs ont des idées, et qu’on peut leur donner de grandes responsabilités.
Le projet repose sur une offre hyperattractive : rassurer le client, rassurer le freelance, créer du lien. Ça ne peut que marcher.
Workito, HopWork… La société s’appellera finalement Malt en référence au brassage : des freelances qui interviennent d’une boîte à l’autre.
Au début Hugo est sceptique, contrairement à son associé Vincent, qui n’a pas de mal à rêver. Leur alliance s’avère être est une vraie réussite.
De 0 à 1M d’inscrits, de 0 à 500 000 freelances, de 1 à 6 pays ouverts, de 1 à 600 employés… Ce “side project” devient un immense succès, la vie des deux fondateurs change pour toujours.
Des belles valeurs
Malt c’est aussi la volonté de dire non à l’isolement. Réputé pour ses apéros mensuels “AfterMalt” (anciennement les Hop apéros), l’entreprise a pour volonté de rassembler les travailleurs.
Beaucoup de moments clés ont marqué Hugo Lassiège dans son aventure Malt. Des nouveaux paliers atteints, des nouveaux pays conquis…
Mais s’il y a une chose qu’il retient particulièrement, ce sont les évènements organisés au sein de la boîte, qui portaient leurs valeurs. “Off sites” aux Arcs, à Madrid ou Barcelone, l’équipe se regroupe et repense les fondamentaux de la société.
Ce sont de beaux moments où les principes de l’entreprise sont au premier plan.
Analyse du marché freelance
Malt voit arriver jusqu’à 18 000 nouveaux freelances chaque mois. Depuis le Covid, les taux de reconversions explosent en France.
Pour Hugo, c’est une bonne chose car cela remplace les ESN, qui n’ont pas toutes des valeurs et pratiques vertueuses.
La problématique principale, c’est le futur du modèle social français. Comment ne pas dénaturer le statut de freelance d’une part, tout adoptant un modèle redistributif ?
Le contexte concurrentiel lui, s’est tendu. Mais le numérique reste très présent, alors pas de crise inquiétante d’après Hugo.
Ceux qui auront plus de difficultés à trouver des missions seront les profils en reconversion, qui manquent d’expérience.
Quels conseils pour se démarquer en tant que freelance ?
Il faut repérer et parier sur des tendances actuelles : l’IA, la data, la cybersécurité…
Il faut faire d’une niche sa spécialité. Comme cette personne qu’Hugo cite, qui analysait les communautés Twitter par curiosité et qui en a fait son activité.
Poncer un sujet, devenir un expert, en faire un business, c’est la recette.
Vous pouvez faire confiance sans aucun doute à Hugo en matière de freelancing. Et pour preuve de son attachement au modèle, Hugo est en train de quitter Malt pour se relancer en freelance.
Il a envie de remettre “les mains dans le cambouis”, reprendre de la liberté, se faire plaisir. Depuis le Japon Hugo prend un nouveau départ, avec un bagage bien rempli.
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