Comment Jérémy Gross (réalisateur) travaille avec l’IA

Comment Jérémy Gross (réalisateur) travaille avec l’IA

Réalisateur pionnier dans l’usage de l’intelligence artificielle, Jérémy Gross incarne l’avenir des métiers créatifs.

Réalisateur, Directeur Artistique senior, formateur et créateur de contenu, il explore sans relâche le potentiel de l’IA, offrant aux freelances et entreprises des clés pour anticiper les évolutions de demain.

Du branding à l’exploration IA : le parcours d’un visionnaire

Avec 25 ans d’expérience en tant que réalisateur, DA et motion designer, Jérémy Gross a touché à tous les domaines de la création visuelle. Logos, branding, webdesign, motion design..

« Je faisais déjà des sites internet en 1998, à une époque où mes clients me demandaient encore d’envoyer des fax », plaisante-t-il.

Toujours en avance, il a notamment conçu le premier magazine féminin sur internet. Il a exploré des solutions numériques bien avant l’arrivée des réseaux sociaux.

Ce goût pour l’innovation l’a conduit à fonder, avec sa femme Yaël, Absolument | Digital Branding Studio. Ce studio est spécialisé dans le branding, la publicité et les stratégies digitales.

Mais c’est en découvrant l’IA que sa trajectoire a pris un tournant décisif.

« Le jour où j’ai lu mon premier article sur l’IA, c’était le déclic. C’est un peu comme si j’avais ouvert la portière et sauté de ma voiture en marche. Je ne me suis jamais retourné”, explique-t-il avec passion.

Depuis, il se consacre entièrement à cette technologie, réalisant des films, publicités et clips générés par l’intelligence artificielle.

L’IA, un outil créatif et non une menace

Pour Jérémy, l’IA est une révolution, mais certainement pas une intelligence au sens propre.

« L’IA générative, ce n’est qu’un modèle de développement. C’est un robot qui ne comprend rien, qui ne sait même pas ce qu’il va dire avant de réfléchir au mot suivant. »

Et pourtant, ce robot creuse un « gouffre artistique », un univers infini où toute créativité semble accessible.

« Elle ne fait pas peur, mais elle exige qu’on sache comment la manipuler, la comprendre. »

© Jérémy Gross

Ce qu’il déplore, ce sont les usages simplistes ou mécaniques. Quand des freelances disent qu’ils utilisent l’IA “pour s’inspirer”, souvent, ils copient-collent.

Mais honnêtement, les créatifs se sont toujours inspirés des autres, IA ou pas. C’est l’intention et la maîtrise qui font la différence.

De nouveaux outils, une nouvelle approche

Au quotidien, Jérémy jongle avec des outils IA génératives de pointe pour le texte, l’image, la vidéo et la production. Parmi ses projets récents, il teste des logiciels capables de générer des films de A à Z : personnages, storyboards, lieux… tout est écrit par l’IA.

Cependant, il ne se disperse pas.

« Il existe déjà tellement d’outils que je préfère me concentrer sur ceux qui apportent une réelle valeur ajoutée. Et même avec les meilleurs outils, tout repose sur une chose : la vision du créatif. »

Jérémy explique qu’il commence enfin à bien appréhender l’intelligence artificielle.

Bien qu’elles soient toutes différentes, il les perçoit comme de la pâte à modeler : il a appris à les manipuler, à comprendre ce qu’elles cherchent à exprimer à travers leurs réponses (malgré leur langage encore bas niveau).

© Jérémy Gross

Aujourd’hui, il cherche à orienter ses formations vers ce qui le passionne.

Il forme principalement sur des thématiques comme la création d’images, la réalisation de films, la direction artistique, l’utilisation de l’IA pour raconter des histoires ou transmettre des messages clients.

En parallèle, il propose aussi des sessions d’acculturation à l’IA pour des entreprises et des agences, adaptant son contenu selon leurs besoins.

Jérémy Gross développe également des idées et des solutions pour optimiser les processus. Automatisations, workflows, et même des modèles GPT adaptés.

Par exemple, il a réussi à faire économiser deux jours de travail à des plombiers grâce à l’automatisation d’une tâche répétitive qui prenait cinq minutes.

“C’est à la fois fascinant et un peu effrayant,” conclut-il.

Quelle rémunération pour des projets réalisés avec l’IA ?

Contrairement à ce que l’on pourrait penser, l’IA n’a pas simplifié les projets au point de réduire leurs coûts.

« Un film publicitaire généré par IA ne se fait pas en deux clics. Tout repose sur le créatif. On a peut-être moins besoin d’une grosse équipe, mais cela demande autant, voire plus, de savoir-faire. »

Avec l’IA, l’acteur devient la caméra, la caméra devient la lumière… On ne peut faire ce que l’on veut de chaque élément. On ne peut plus se reposer sur une équipe de professionnels. Tout dépend d’une seule personne : le créatif.

Il y a toujours une partie de hasard, l’IA ne fait jamais exactement ce qui est prévu et il faut arriver à gérer ça.

Aujourd’hui, Jérémy vend des films publicitaires de niveau « superproduction » au prix de projets traditionnels. Pour les clients, c’est une opportunité : la qualité reste comparable, mais avec une flexibilité et une créativité sans précédent.

Réguler l’IA pour un futur éthique

Malgré son enthousiasme, Jérémy insiste sur la nécessité de réguler cette technologie. Aux États-Unis, ils ont tranché : les œuvres créées avec l’IA appartiennent à leur auteur. Mais en France, le vide juridique persiste.

Pour lui, il est essentiel d’encadrer l’usage des IA, notamment en veillant à respecter les œuvres des autres.

« On n’a pas attendu l’IA pour copier, mais il faut rester dans une logique éthique. Comme un peintre qui s’inspire d’un autre, l’idée est d’élever son travail grâce à l’outil, pas de le simplifier à outrance. »

© Jérémy Gross

« L’IA n’est pas l’avenir, elle est déjà là. »

Pour Jérémy Gross, attendre n’est pas une option. Dans 3 à 5 ans, l’IA sera partout : dans les supermarchés, les services…

“Nous allons vers un monde où il y aura des caissières robots, avec des étiquettes -ne pas toucher au robot-.”

…Et bien sûr dans les métiers créatifs. Si on ne s’y met pas maintenant, on sera dépassés.

Son conseil aux freelances ? Plonger sans hésiter. Il faut expérimenter, tester, apprendre.

L’IA, c’est comme passer d’un vieux Nokia à un smartphone : après quelques heures d’adaptation, tout devient possible. Alors, sautez de la voiture, et ne regardez pas en arrière.

© Jérémy Gross

Autres articles

Acasi

vous est proposé par

L'expert comptable des freelances

L
  • Comptable dédié
  • Délégation de l'administratif
  • Optimisation de la fiscalité
  • Suivi en temps réel
En savoir plus
Retour en haut