Comment rebondir face à un échec entrepreneurial ? Avec Justine Lambert

Comment rebondir face à un échec entrepreneurial ? Avec Justine Lambert

Parfois, la bougie refuse de s’éteindre. Après avoir soufflé à s’époumoner sur celle-ci, il reste une petite étincelle.

C’est exactement ce qui arrive aux entrepreneurs qui s’éteignent un instant… La flamme finit par repartir !

C’est ainsi que Justine Lambert, 38 ans, communicante, conférencière et enseignante, parle de son parcours.

Ex-fondatrice de Brains with Benefits, une communauté d’entraide entre entrepreneurs, elle a aujourd’hui repris un poste salarié – sans jamais cesser de transmettre et de créer.

Chez elle, l’envie d’entreprendre, de comprendre et de partager ne s’éteint jamais tout à fait.

Brains with Benefits : une aventure collective et humaine

En 2020, Justine lance Brains with Benefits, un projet à son image : tourné vers les autres.

Son objectif ? Créer un espace où les entrepreneurs peuvent s’entraider, réfléchir ensemble et résoudre leurs problématiques grâce à l’intelligence collective.

En moins de trois ans, 150 entrepreneurs accompagnés, 350 problématiques business résolues – un vrai laboratoire d’idées et de bienveillance.

“Mon entrepreneuriat a toujours été orienté vers les autres entrepreneurs”, raconte-t-elle. Et même si l’aventure s’est achevée en 2023, elle refuse aujourd’hui d’y voir un échec :

“C’était quand même une super idée. J’ai créé de la valeur, aidé des entrepreneurs…”

De cette expérience est né le sujet d’une conférence qu’elle compte proposer à TEDx : “Comment continuer à créer dans la joie quand on a enterré ses boîtes ?”.

Une réflexion nourrie de vécu, mais surtout d’une profonde envie d’aider d’autres à traverser cette étape, plus commune qu’il n’y parait !

Faire le deuil d’une boîte

Le deuil d’un projet ne commence pas toujours à sa fermeture : il peut se glisser dès qu’on change de produit, de cible ou de modèle. C’est une étape par laquelle beaucoup d’entrepreneurs en incubateurs passent.

Mais c’est toujours plus dur à accepter lorsque ce deuil marque la fin totale du projet.

“Pour moi, le deuil d’une relation dure le double du temps vécu en couple. Pour une boîte, c’est presque pareil.”

Trois ans d’aventure, presque deux ans de digestion : Justine a mis du temps à voir Brains with Benefits comme une réussite humaine plutôt qu’un échec financier.

Mais elle a réussi, et elle veut aider ceux qui ont toujours la flamme à rebondir !

Accepter l’échec

Son ami Étienne lui a dit un jour :

“Dans la vie, tu te rends compte que toutes les pièces du puzzle finissent par te servir, même les moches.”

Une phrase qui l’accompagne depuis, comme un mantra pour la reconstruction.

Quand on fait le deuil de sa boîte, il faut apprendre à regarder tout ce qu’on a accompli : l’emploi créé, la valeur générée, les personnes aidées.

Il ne faut pas se fustiger ou chercher un coupable. Bon nombre d’échecs sont multifactoriels. Ils peuvent dépendre d’un contexte, d’une crise, d’un marché, de soi aussi. Mais se pointer du doigt ne changera pas les choses.

Et ne laissez pas les autres vous fustiger non plus.

Après une fermeture de boîte, une pause s’impose. Alors au repas de famille, quand on vous demande “Alors, tu fais quoi maintenant ?”, répondez sans détour :

“Je ne sais pas.”

Une réponse “parfaitement viable”.

Recréer, oui, mais pas tout de suite

“Recréer dans la joie, ce n’est pas forcément dans la foulée.”

Après la fermeture de sa boîte, Justine a pris le temps. Le temps de se refaire financièrement, mais aussi émotionnellement.

Il ne faut pas se forcer à en parler si l’on n’a pas envie, pas trop regarder ce que font les autres. Faire une bonne pause du sujet boulot.

Un voyage entrepreneurial, c’est intense. Il faut recharger les batteries avant de repartir.

S’il faut repasser par le salariat, alors faites-le. Ce n’est pas un double échec. C’est parfois une étape de respiration, un moyen de se stabiliser. D’ailleurs, elle-même a repris un poste salarié tout en continuant à enseigner et à intervenir en conférences – une forme d’équilibre.

Et, comme lui a fait remarquer sa coach :

“La pause fait partie du trajet. Les sorties de route aussi !”

Sans pause, pas de durée. Pas de plaisir à recréer.

Apprendre de ses échecs pour mieux transmettre

Aujourd’hui, Justine Lambert transforme ses échecs en matière première pour aider les autres.

Depuis 2022, elle enseigne en incubateurs la communication, le pitch et le positionnement. Elle anime aussi des conférences pour Les Échos, Go Entrepreneurs, BlaBlaCar

“J’enseigne le pitch alors que je n’ai pas encore retrouvé le mien. Mais on peut apprendre aux autres ce qu’on ne sait pas encore sur soi.”

On peut vendre son expertise et ce qu’on a appris de ses gamelles à d’autres, et c’est hyper formateur. Beaucoup prennent d’ailleurs la parole sur les réseaux à propos de leurs échecs, et c’est essentiel…

L’importance de s’entourer et de normaliser l’échec

Il n’existe pas d’entrepreneuriat sans échec.

Justine le martèle : un échec, ce n’est pas toujours une fermeture. Cela peut être un licenciement alors qu’on veut créer de l’emploi, un produit qui cause un incident, une perte de motivation…

C’est universel.

“Marc Twain disait : What makes success ? Good decisions.
What makes good decisions ? Experiences.
What makes experiences ? Bad decisions.
On est obligé de passer par un certain nombre d’échecs.”

Mais dans le cas d’une fermeture, elle recommande de parler avec d’autres entrepreneurs qui ont vécu la même chose. Pas tout de suite, pas dans la foulée – ce n’est pas un groupe d’alcooliques anonymes ! Mais quand on se sent prêt.

Elle cite l’association 60 000 rebonds, qui aide les entrepreneurs à se reconstruire.

Aux États-Unis, on appelle ça “co-miserate” – être en galère à plusieurs.

C’est ce qui l’a sauvée :

“J’ai eu l’impression d’être une grosse nulle pendant longtemps. Surtout que je viens d’une famille d’entrepreneurs accomplis.”

Normaliser ces passages à vide, c’est aussi redonner de la valeur à la lenteur, au doute, à la fatigue.

“C’est normal d’avoir des moments où la passion est moins forte. C’est pour recharger les batteries.”

Continuer à créer dans la joie

“Ce n’est pas parce qu’on ferme une porte qu’on n’en ouvrira jamais une autre.”

C’est peut-être la phrase qui résume le mieux la philosophie de Justine.

Le rebond n’est pas obligatoire. La joie, oui – mais pas forcée. Il faut lui laisser la place de revenir.

Créer dans la joie, c’est créer sans se juger, sans chercher à performer, en acceptant les pauses et les détours.

Car même quand la flamme vacille, elle éclaire encore.

Et chez Justine Lambert, cette lumière-là n’est pas près de s’éteindre !

Autres articles

Acasi

vous est proposé par

L'expert comptable des freelances

L
  • Comptable dédié
  • Délégation de l'administratif
  • Optimisation de la fiscalité
  • Suivi en temps réel
En savoir plus
Retour en haut