À 14 ans, il revendait des cartes de baseball sur un parking du New Jersey. À 30, il multipliait par 60 le chiffre d’affaires de la cave familiale. À 35, il pariait sur Twitter, Facebook et Uber.
Aujourd’hui, il est à la tête de plusieurs sociétés, auteur de best-sellers, podcasteur, collectionneur de NFTs… et son discours n’a jamais autant parlé aux indépendants.
Il parle vite, il parle fort, et il parle beaucoup. Mais surtout : il parle vrai. L’histoire de Gary Vaynerchuk n’est pas (que) une success story d’investisseur visionnaire.
C’est celle d’un homme qui a investi là où peu de gens osent miser : dans l’effort, la patience, l’intuition. Et surtout dans lui-même.
Investir dans l’apprentissage… dès l’enfance
Gary n’a jamais vraiment attendu l’école pour apprendre l’économie de marché. Il l’a vécue sur le terrain, sur les trottoirs du New Jersey, à 7 ans.
“Observer 99,9% des gens qui passaient devant mon stand… ne pas réagir à mes superbes gobelets de limonade, et encore moins s’arrêter pour en acheter… Le marché m’a construit, et il m’a appris à apprécier l’inappréciable.”
À 12 ans, il revend des jouets et céréales issus de packs promotionnels, collectés chez lui, puis écoulés dans le quartier.
Rejet, frustration, négociations : tout était déjà là. Il vendait, testait, échouait, recommençait. Il a compris que l’attention se gagne à la force du poignet – un principe qu’il appliquera plus tard au marketing digital.
Et surtout, il a compris que le rejet ne tue pas. Il construit.
Investir dans le temps, et grâce au flair
Quand Gary rejoint la cave familiale à 22 ans, il bosse au sous-sol pour 2$ de l’heure. Pas de storytelling lissé : il bosse vraiment.
En peu de temps, le magasin fait 3 millions de dollars de chiffre d’affaires. En 5 ans, il le propulse à 60 millions.
Pas grâce à des levées de fonds, mais grâce à l’investissement organique : il développe le site WineLibrary.com (l’un des premiers sites e-commerce d’alcool aux États-Unis), il produit du contenu YouTube quotidien dès 2006, une newsletter e-commerce, le référencement naturel. Il comprend avant tout le monde que l’attention est la nouvelle monnaie.
C’est ce même flair qui le pousse à investir très tôt dans Facebook, Tumblr, Twitter, Uber ou Venmo. Pas pour suivre une tendance. Pour sentir ce qui capte l’énergie des gens.
“Le succès est dans le process, pas dans la finalité.”
Il ne croit pas aux raccourcis. Il croit au long game. Il croit à l’échec comme source d’apprentissage.
“Je prends étrangement plus de plaisir à perdre qu’à gagner.”
Pour un freelance, ce n’est pas qu’un mantra. C’est une méthode.
Investir dans ce que tu contrôles
Gary ne vient pas d’un monde d’élite. Né en Biélorussie à une époque où la vie est comparable à celle actuelle en Corée du Nord, il débarque à 3 ans aux États-Unis, entassé dans un studio avec 8 autres membres de sa famille. Il ne possède rien – sauf la liberté de bosser, de croire, d’essayer.
“J’ai pu fuir l’un des pires endroits sur Terre… pour atterrir au meilleur endroit.”
Depuis, il a investi dans des entreprises tech, a fondé son agence de stratégie digitale VaynerMedia, a co-créé Resy, Empathy Wines, VeeFriends…
Investir dans l’humain : l’atout sous-estimé
À la tête de VaynerMedia, une agence de plus de 1 500 personnes, Gary continue de passer du temps à motiver ses salariés un par un, à leur répondre sur LinkedIn, à faire des vidéos gratuites pour des jeunes entrepreneurs. Il appelle même chaque employé pour son anniversaire. Pourquoi ? Parce qu’il croit à l’investissement relationnel.
Il incarne cette idée qu’être utile aux autres, c’est le meilleur marketing. Pas besoin de manipuler. Pas besoin d’arnaque. Il suffit de montrer qu’on est là, qu’on comprend, qu’on tient.
Gary veut “donner plus qu’il ne reçoit”. Il parle d’amour. D’empathie. De positivité pratique.
“Dans ta journée, supprime une heure de négativité. Ajoutes-y une heure de positivité.”
C’est sans doute ce qui explique que, malgré son franc-parler, son ton clivant, sa voix rauque… Gary Vee attire autant.
Investir dans sa vérité (et pas dans l’image)
Gary ne vend pas de rêve. Il vend de la franchise, quitte à déranger. Son style est brut, parfois vulgaire, toujours aligné.
Cela n’empêche pas de poser des limites. Son divorce discret (avec Lizzie Vaynerchuk) prouve que Gary garde une sphère privée non monétisée, volontairement opaque, malgré son exposition.
Sa mère, figure centrale de son éducation, lui a transmis deux choses essentielles : la confiance et la responsabilité. Elle ne l’a jamais surprotégé, mais ne l’a jamais rabaissé non plus. Résultat : un homme ancré, sûr de lui, et incapable de jouer un rôle.
“Elle m’a rendu heureux. C’est la plus grande réussite parentale que j’ai jamais vue.
Gary Vaynerchuk n’est pas un modèle à suivre à la lettre. Trop intense, trop cash, ou trop américain pour certains. Mais ce qu’il incarne reste précieux : une manière radicale d’habiter son époque, de parier sur les autres, sur soi, sur ce qu’on veut construire à long terme.
Quand un journaliste lui demande ce qu’il aimerait qu’on dise sur sa pierre tombale, il répond :
“Il a donné plus qu’il n’a reçu.”
Et ça, c’est inspirant !
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